Système d'élevage

La Salers est la seule race française qui est exploitée à la fois pour sa viande (système allaitant), et qui est traite pour la fabrication du fromage. Il existe donc aujourd’hui deux rameaux au sein de la race : le rameau allaitant et le rameau laitier. Les systèmes de production existant sont ainsi plus nombreux que dans les autres races allaitantes

Le système salers traditionnel

Ce système associe la production laitière pour la fabrication du fromage et la production de broutards ou veaux maigres (c'est-à-dire non engraissés).

Ce mode d’élevage est tout à fait particulier à la région Auvergne, et les méthodes employées sont fondées sur une adaptation aux conditions difficiles de la région. Ainsi, ce système ne se rencontre nulle par ailleurs en France, et il reste un des plus rentables dans cette zone.

Le système 100% allaitant

La totalité des veaux produits est destinée à la production de viande. Ce système valorise très bien les qualités maternelles de la Salers (production laitière, facilité de vêlage, fertilité et fécondité), puisque le lait de la mère assure la croissance du veau.

En général, les vêlages ont lieu entre janvier et mars, ce qui permet aux veaux d’être suffisamment vaillants pour suivre leurs mères aux estives, et aux éleveurs de vendre les veaux comme broutards (mâles destinés à l’engraissement) à l’automne.

Les vaches et les veaux sont mis à l’herbe vers le 15 avril. Ils assurent ainsi le déprimage des prés de fauche, avant de monter aux estives vers la fin mai. L’éleveur passe alors de temps en temps vérifier que tout va bien. Cette surveillance minimum laisse le temps aux éleveurs de faire les foins.

Au début de l’automne, vaches et veaux redescendent des estives et pâturent alors les regains. Puis les génisses regagnent la vallée. La première distribution de foin, équivalente à la rentrée en étable, s’effectue vers le 20 novembre. Les animaux passent l’hiver à l’étable.

En système allaitant, le croisement des vaches Salers avec un taureau charolais est une pratique très courante. Elle permet d’améliorer la conformation des broutards et ainsi d’augmenter les revenus de l’élevage. Au sein d’un même élevage, les éleveurs gardent généralement leurs meilleures femelles Salers pures pour le renouvellement du troupeau, et destinent les autres vaches, plus "moyennes", au croisement charolais.

Ce système se retrouve dans toutes les régions de France.

Les systèmes intermédiaires

Le système semi allaitant

Dans ce type d’élevage, les Salers sont utilisées à la fois pour la traite et la production de viande. Les éleveurs tirent profit du niveau de production laitière de leurs vaches, supérieur à la capacité d’ingestion des veaux. Les vêlages ont lieu de janvier à mars et les vaches ne sont traites que pendant les trois ou quatre premiers mois de la lactation. Elles rejoignent ensuite le troupeau des vaches allaitantes.

Ce système présente de nombreux avantages :

- il évite des problèmes sanitaires, comme les diarrhées des veaux ou les mammites (infection du trayon)
- le lait vendu représente un produit supplémentaire important
- le veau dispose en tout de 1300 à 1500 kg de lait auquel il apporte une certaine valorisation
- l’hiver étant moins exigeant en travail, l’éleveur rentabilise ses journées en consacrant une partie de son temps à la traite
- la traite est terminée quand arrivent les gros travaux de foin
- enfin, ce système assure une utilisation rationnelle des bâtiments.

Ce type de système se retrouve principalement dans les départements du Cantal et du Puy de Dôme.

Le double troupeau

Ce système permet à l’éleveur de continuer une activité laitière et de résoudre les problèmes de main d’œuvre liés aux grands troupeaux : l’éleveur ne trait que le nombre de vaches correspondant à ses possibilités, et le reste du troupeau est constitué de vaches allaitantes. Généralement, les laitières sont de races spécialisées (Prim’Holstein ou Montbéliarde), bien qu’il existe quelques élevages avec deux troupeaux de race Salers.

Cette pratique du double troupeau est très courante en Auvergne…

Le croisement en race salers

Le croisement des vaches Salers avec un taureau Charolais permet d’allier les aptitudes maternelles et la productivité numérique de la Salers aux qualités de conformation et de croissance du Charolais. Cependant, une pratique excessive du croisement peut poser des problèmes de renouvellement.

Les produits issus du croisement Salers x Charolais ont les débouchés suivants :

- femelles :

  • génisses grasses
  • broutardes (génisses vendues pour l’engraissement en Italie ou en Espagne)
  • vaches de réforme

- mâles :

  • broutards (vendus pour l’engraissement en Italie ou en Espagne)

Dans le Cantal, le taux de croisement varie entre 40 et 60 % selon les périodes.