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| 1 - Le système Salers traditionnel |
| Ce système associe la production laitière pour la fabrication du fromage et la production de broutards ou veaux maigres (c'est-à-dire non engraissés). Cest un mode délevage tout à fait particulier à la zone des Monts du Cantal, et les méthodes employées sont fondées sur une adaptation des hommes aux conditions difficiles de la région. Ainsi, ce système ne se rencontre nulle par ailleurs en France, et il reste un des plus rentables dans cette zone. |
La traite est très caractéristique, puisque la Salers, vache très maternelle, ne donne son lait quen présence du veau. Au moment de la traite, ce dernier est donc amené près de la mère quil tête pendant quelques minutes, amorçant ainsi la venue du lait. Il est ensuite attaché à la jambe avant gauche de sa mère, pour permettre à léleveur deffectuer la traite. Cependant, pendant les premiers mois de la lactation, un quartier entier de la mamelle est réservé au veau. Il se contentera par la suite deffectuer simplement légouttage de la mamelle.
Ce système assure parallèlement une production fromagère et la production dun veau maigre par an. En effet, la présence obligatoire du veau pour la traite oblige léleveur à la garder pendant toute la durée de la lactation. Le veau est donc nourri de lait les trois premiers mois, puis dherbe. En effet, au fur et à mesure que la courbe de lactation décroît, la quantité de lait laissée au veau est réduite. Ainsi, sensiblement la même quantité de fromages est fabriquée chaque jour. Chaque veau, élevé avec 600 à 1000 litres de lait sur une production denviron 3000 l, reçoit en outre des fourrages à volonté et une alimentation de concentrés. Sans atteindre les performances du système allaitant, les veaux produits par cette technique arrivent à des résultats intéressants. Les mâles sont vendus au moment du sevrage, à lâge de 8-10 mois, à un poids moyen de 300 kg. Ils sont destinés à lengraissement pour la production de taurillons et partent dans la majorité des cas vers lItalie. Les femelles non utilisées pour le renouvellement du troupeau sont vendues à 9-10 mois, à 18 mois, ou gestantes vers les 30 mois. Les vêlages sont groupés sur tout le début de lannée, afin de vendre les veaux à une date fixe, qui se situe généralement aux mois doctobre ou de novembre. |
La migration du cheptel au mois de mai vers les zones dherbage situées en altitude permet de libérer les prés de la vallée. Tout le foin nécessaire pour lhiver à létable peut alors être récolté. Autrefois, les veaux accompagnaient les troupeaux dans les estives, la traite se faisait à la main. Les burons, bâtiments en pierre situés dans les montagnes, servaient à récolter le lait et à fabriquer le fromage. Les éleveurs cherchaient à grouper les vêlages vers les mois de janvier-février, pour obtenir des veaux suffisamment robustes au moment de la montée aux estives. Cette pratique permettait également de limiter le nombre danimaux à létable pendant lhiver. La ration de base des vaches est ainsi composée exclusivement dherbe pâturée, comme le demande le cahier des charges du fromage Salers. Les éleveurs distribuent maintenant un peu de concentré pour la complémentation de la ration, mais les quantités restent limitées puisquelles ne dépassent guère les 300 kg par animal et par hiver.
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| 2 Lavenir du système | ||
| La
transhumance des troupeaux laitiers et la fabrication des fromages au buron
est de plus en plus rare. Aujourdhui, la traite à la main est
rare. Les vaches sont traites à létable, ou éventuellement
au pré avec une machine à traite portative.
Lassociation lait-broutard dans un même troupeau est très ancienne. Elle est liée au couplage de la Salers avec la fabrication du Cantal. Mais ce système est peu à peu abandonné : le coût et la raréfaction de la main duvre, les primes à la vache allaitante, le plan de restructuration laitière, la maîtrise de la qualité du lait, sont autant de facteurs qui expliquent le brusque recul de ce mode délevage, malgré des résultats économiques satisfaisants. La reconversion, facilitée par les aptitudes de la race Salers, se fait naturellement vers le système allaitant. La fabrication du fromage fermier a également énormément régressée, notamment du fait de la main duvre nécessaire pour la traite des vaches Salers. Désormais, la majorité des producteurs livre le lait aux coopératives laitières. Aujourd'hui, les montagnes sont le plus souvent occupées par les génisses et les vaches allaitantes. Sur un effectif de 205 000 vaches, moins de 5% sont traites. |
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